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JOËL RENAULT

"La rigueur décontractée au service du Sport Adapté"

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26/05/2021

Coupe élégante, fine moustache et yeux pétillants !

Coupe élégante, fine moustache et yeux pétillants, Joël Renault dégage un savant mélange de sérieux, de décontraction et de malice ; des qualités qu’il a mises, de nombreuses années, au service du Sport Adapté breton et du comité directeur de la FFSA. Portrait d’un fidèle compagnon de lutte qui s’en va vers de nouvelles aventures.

Enfant à la santé fragile, Joël a longtemps été privé de sport. Adolescent, il pratique le basket et – à l’occasion d’une blessure, ne pouvant jouer – décide de s’occuper des feuilles de marque, faisant ainsi son entrée dans le monde du bénévolat ; le début d’une longue histoire.

En effet Joël se met, par la suite, au demi-fond et est amené à épauler l’entraîneur de son club avant de devoir remplacer le président, parti dans un autre club avec les meilleurs athlètes. Quelques années plus tard, devenu sous-marinier, il continue de courir et entraîne ses collègues.

Lorsque sa fille entre en IME, Joël approche pour la première fois le monde du Sport Adapté en prenant l’initiative de s’occuper de l’association sportive de l’établissement et en organisant un championnat départemental de cross sur le terrain de la Marine. Une expérience marquante durant laquelle il se rend compte qu’il y a vraiment quelque chose à faire pour les sportifs souffrant d’un handicap mental. Le club se développe rapidement et, en 1992, prend le nom d’Union sportive des IME brestois (USIB).

En 1999, l’USIB met sur pied son premier championnat de France d’athlétisme Sport Adapté ; championnat qui connaît une affluence record. « Par la suite, grâce à une équipe hyper dynamique, nous avons pu organiser plusieurs championnats de France et battre de nouveau plusieurs fois le record de fréquentation, se réjouit Joël. Même si Brest est excentré, les participants étaient à chaque fois impatients de venir, et ce sans doute grâce à notre savoir-faire et notre culture de l’accueil. »

Par principe, depuis ses débuts dans le monde associatif, Joël n’effectue que deux mandats au même poste, c’est ainsi qu’il n’est resté que 8 ans à la tête du club ou à celle du comité départemental d’athlétisme. Toujours aussi motivé, Joël se dévoue en 2002 pour prendre la présidence d’une association d’aide à domicile alors en cessation de paiement. Alors que tous lui disaient qu’il fallait tout arrêter, il s’accroche, prend des risques personnels, et avec son équipe se démène pour sauver l’association et sa centaine de salariés. Depuis l’association a fusionné avec d’autres et est devenue un acteur important du secteur dans le département.

Pris dans son élan et ne pouvant en rester là, Joël prend en main la ligue Sport Adapté de Bretagne en 2005. Celle-ci n’est pas au mieux de sa forme : il trouve une équipe de direction réduite à 5 élus. Lorsqu’il en lâche les rênes 8 ans plus tard, il laisse une ligue dont les effectifs ont été considérablement renforcés et dont le budget est passé de 5000 à 180 000 €. Un très beau bilan malheureusement terni par une condamnation de la ligue aux Prud’hommes.

Durant ces années au service du Sport Adapté breton, Joël a mis en place avec ses équipes pas moins de 4 championnats de France : 1 de cross et 3 d’athlétisme. « La première fois nous avions beaucoup de mal à réunir des juges, j’avais d’ailleurs dû mettre un président d’un club concurrent au poste de juge, se souvient Joël. Lorsque celui-ci a indiqué à un coureur qu’il lui restait 3 tours, ce dernier s’est arrêté pour lui dire “Vous êtes fort aimable, je vous remercie”, puis il est reparti. Mon collègue n’en revenait pas, il n’avait jamais vu ça et était complètement bluffé. Pour nous ce fairplay est tout à fait naturel, mais c’est vrai que c’est quelque chose que l’on ne voit pas ailleurs. »

Durant cette période, la ligue organisa même un championnat du monde INAS de cross à Brest ; couplé aux demi-finales du championnat de France FFA, le rendez-vous rencontra un important succès populaire. « Nous avions fait venir, à la conférence de presse, un sportif breton de l’équipe de France de cross, poursuit Joël. Il a raconté sa vie et expliqué comme le Sport Adapté l’avait sauvé. À un moment, totalement submergé par l’émotion, il n’arrivait plus à parler… tout le monde avait la larme à l’œil et évidemment le lendemain il y avait un grand papier sur lui dans la presse locale. C’est à ce moment-là que j’ai pleinement compris qu’il ne faut pas parler à leur place mais les laisser s’exprimer et les écouter car nous avons beaucoup à apprendre d’eux. »

En tant qu’élu, Joël fut également nommé référent du canoë-kayak, de l’athlétisme et du football. C’est ainsi que lors d’un championnat de France de foot, un arbitre lui explique que sur les 147 matchs, seuls 2 cartons rouges et 5 jaunes ont été donnés. À la fin du match, l’un des joueurs expulsés court vers lui ; l’arbitre prend peur mais le sportif le serre dans ses bras et lui dis : “Tu as eu raison de me sortir car j’ai déconné”. « Cela résume assez bien nos sportifs ; ils sont spontanés et sans méchanceté, s’amuse Joël. C’est pourquoi c’est un vrai plaisir d’être à leurs côtés et de travailler pour eux. Les voir progresser grâce au sport il n’y a rien de plus merveilleux ; cela récompense vos efforts au centuple car ils vous transmettent leur énergie, leur joie… c’est une chose assez difficile à expliquer à des partenaires ou des financeurs, si seulement ils venaient sur le terrain… ils seraient conquis. »

Après son passage réussi à la ligue, Joël est élu en 2013 au comité directeur et devient le secrétaire général de la FFSA.

« C’est en quelque sorte le Garde des Sceaux de la Fédé, celui qui s’occupe de la réglementation, de l’organisation des AG, qui aide à la création de CD ; c’est le SAV de la Fédé en somme, confie-t-il. C’est donc une très grosse responsabilité et beaucoup de travail, un poste qui nécessite de nombreux déplacements au siège, sur des championnats de France et des AG de ligue. Surtout il faut répondre rapidement aux demandes, être présent pour aider, conseiller et donner des réponses même quand ces dernières ne plaisent pas. » 

Heureusement Joël n’était pas seul ; il avait Henri Miau à ses côtés. Ils ont énormément travaillé ensemble et étaient, pour ainsi dire, presque tous les matins au téléphone ou en visio, pour préparer les différentes échéances fédérales« À l’issue de l’une des premières AG de ligue, pour laquelle je représentais le président, personne n’avait de question à me poser même si je savais qu’il y avait des soucis concernant un règlement sportif et l’annulation d’un championnat de France, explique Joël. J’ai donc mis les pieds dans le plat et leur ai directement posé la question. La réaction ne s’est pas faite attendre et elle fut vive, mais je leur ai répondu que j’étais là pour ça, c’est-à-dire pour discuter des problèmes et les résoudre. Ce fut également le cas pour la nouvelle classification ; nombreux étaient ceux à y être opposés mais nous avions bien préparer le dossier et j’ai su faire preuve de pédagogie. Il faut définitivement aimer discuter et ne pas avoir peur de la contradiction, ni de se remettre en question. Surtout il ne faut rien cacher, ne pas nier la difficulté et montrer qu’il existe une marge de progression et des solutions. Normalement, les gens comprennent. »

Il est vrai que c’est un poste compliqué qui demande un gros investissement et pas mal de doigté ; conscient de l’enjeu, Joël s’y est appliqué avec beaucoup de sérieux. « Je suis content d’avoir pu contribuer à faire avancer les choses en travaillant en bonne intelligence avec les CTF et les présidents de CD et de ligue ; j’y ai pris beaucoup de plaisir mais, après 8 ans à la Fédé, il est temps de passer le relais », confie-t-il. Un passage de témoin qui prendra encore quelques mois puisqu’en guise de baroud d’honneur, Joël s’attaque avec Henri à la refonte du guide du dirigeant. De plus, il est toujours secrétaire adjoint de son association sportive de sous-mariniers, membre du comité départemental du Mérite national, membre du comité d’administration de son association d’aide à domicile, élu de l’union départementale et régionale de l’UNA (Union nationale de l’aide, des soins et des services à domicile) ; récemment il a même été élu au comité départemental des médaillés sportifs et au Comité départemental olympique et sportif. Comme quoi, la retraite associative n’est pas pour tout de suite.

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